Allongement des délais de paiement, réduction des marges, activité atone… les trésoreries des entreprises sont mises à mal.

L’enjeu : le cash est roi, encore faut-il en avoir ! Les incertitudes, qui pèsent sur l’activité économique, font plonger les trésoreries de certaines entreprises. Etat de la trésorerie des grandes entreprises et des ETI.

Crédit image : Image par OpenClipart-Vectors de Pixabay

En résumé

La situation de trésorerie des grandes entreprises et ETI françaises présente un tableau contrasté en juillet 2026. Si la résilience globale demeure, la trésorerie d’exploitation subit davantage de pressions, tandis que l’impact des épisodes de canicule émerge comme un nouveau facteur économique significatif.

C’est ce qui ressort de la lecture de l’enquête de trésorerie sur les grandes entreprises et ETI, publiée le 15 juillet 2026 par l’AFTE, le METI et l’Institut REXECODE. Cette enquête mensuelle est réalisée, depuis une quinzaine d’années, sur un panel d’une centaine de trésoriers de grandes entreprises. Attention à l’interprétation des résultats, c’est une enquête d’opinions.

Trésorerie : Une résilience sous tension

Si la trésorerie globale de ces entreprises a plutôt tendance à s’améliorer, il n’en est pas de même pour la trésorerie d’exploitation. Le solde d’opinions sur la trésorerie d’exploitation se replie sensiblement en juillet avec -4,7%, marquant une baisse de 13 points par rapport à juin (+7,8%). Ce repli ramène l’indicateur vers sa moyenne de long terme, sans pour autant signaler une détérioration majeure.

Répartition des jugements sur la trésorerie d’exploitation :

  • 15 % jugent leur trésorerie aisée
  • 64 % la considèrent normale
  • 21 % la qualifient de difficile

Canicule : Nouveau facteur économique

L’enquête porte sur la situation des entreprises à fin juin 2026. Les auteurs ont interrogé les trésoriers d’entreprise sur l’impact des vagues de canicule.

Du 21 au 30 mai 2026, la France a connu un premier épisode de chaleur intense avec le déclenchement d’une premier alerte canicule précoce.

En juin 2026, du 17 au 30, le pays a subit une seconde vague de chaleurs caniculaires.

Ces fortes températures modifient les conditions de travail et la habitudes de consommation de la population. Les résultats de l’enquête affichent que les secteurs les plus vulnérables incluent la construction, les transports et certaines activités de services.

  • Variation de la demande 30%
  • Perturbation de la production et de l’exploitation 31%
  • Effets sur le facteur travail 29%
  • Hausse des coûts d’exploitation 7%

Délais de paiement : Allongement confirmé

Ici, nous n’aborderont que les délais d’encaissement. L’allongement des délais de paiement des factures clients se confirme. Voici la perception de cette évolution par les trésoriers d’entreprise :

  • 74 % déclarent des délais stables
  • 24 % observent un allongement
  • 2 % seulement signalent un raccourcissement

Environnement externe : Matières premières et dollar

Le renchérissement du prix des matières premières est une réalité contrastée et erratique.

Ceci est particulier marqué pour le prix du pétrole. Les évolutions quotidiennes du prix du baril, largement relayées dans les médias, laissent imaginer une envolée de son prix. En fait, l’augmentation du prix en dollar est en partie compensée par l’érosion du dollar face à l’euro.

En fait on parle beaucoup du prix du pétrole, mais les fortes hausses « durables » sont ailleurs : métaux, charbon, gaz naturel, engrais, blé, sucre, huile…

Les grandes entreprise et les ETI ont une large part de leur activité liée à l’international et aux échanges intra-communautaire. Selon leur position import ou export, et les matières concernées, les avis des trésoriers d’entreprise sont donc a prendre avec du recul

Interrogés sur l’influence du prix des matières premières (y compris énergétiques) sur les trésoreries, 72% y voient un impact négatif. (contre 95% le mois précédent)

Les avis sur la parité euro/dollar sont partagés :

  • 53 % jugent l’effet défavorable
  • 26 % le considèrent neutre
  • 21 % perçoivent un effet positif

Accès au financement bancaire

Recours au financement bancaire :

  • 84 % des trésoriers ont utilisé ce levier (légère augmentation)
  • 33 % jugent l’accès facile (en baisse)
  • 11 % signalent des difficultés

Coût du financement :

  • 22 % indiquent une hausse des taux
  • Aucun ne signale de baisse

Ces réponses sont confortées par la dernière enquête de la Banque de France et les informations publiées par la BCE. Le communiqué de presse de la Banque de France, du 20 juillet dernier fait ce constat :

  • Les entreprises ont fait état d’une poursuite du durcissement net des taux d’intérêt sur les prêts bancaires et d’autres conditions d’octroi de prêt relatives à des facteurs tarifaires et non tarifaires
  • Les entreprises ont signalé une légère augmentation de leurs besoins de financement, tandis que la disponibilité des prêts bancaires est restée globalement inchangée, avec toutefois des différences notables entre les PME et les grandes entreprises
  • Les entreprises s’attendent à une plus faible augmentation des prix de vente, des coûts des intrants hors main-d’œuvre et des anticipations relatives aux salaires
  • Les anticipations d’inflation à un, trois et cinq ans sont restées largement stables
Catégories : Trésorerie

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